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La FIFA, véritable gagnante de la Coupe du Monde de Football ?

Les grands événements sportifs n’enrichissent pas les pays qui les organisent : les économistes s’accordent quasiment tous sur ce point.

Accueillir la Coupe du Monde de football, l’Euro de football ou même les Jeux Olympiques réjouit les habitants du pays hôte, car les projecteurs du monde entier les mettent alors en vedette pendant un bon moment. Mais sur le long terme, ces compétitions se révèlent être des handicaps économiques plutôt que des mannes providentielles.

coupes aux couleurs du brésil

Pourquoi les pays hôtes sont perdants

Les Coupes du Monde de Football coûtent très cher. Les chiffres officiels concernant l’édition 2010 montrent que l’Afrique du Sud a dépensé 3 milliards pour construire les stades et les infrastructures nécessaires à ce spectacle d’un mois. Comme les recettes se sont élevées à 323 millions, le déficit monte donc à 2,7 milliards.

L’édition américaine de 1994 affiche des pertes encore plus importantes. Avant la compétition, les économistes avaient estimé qu’elle dégagerait un profit de 4 milliards de dollars. Dans un récent article, Dennis Coates a montré que l’organisation de la Coupe du Monde 1994 avait en fait coûté 9,6 milliards de dollars aux Etats-Unis, les dépenses ayant finalement été supérieures de 13,6 milliards de dollars aux prévisions initiales.

Le bilan financier de la Coupe allemande de 2006 est juste à l’équilibre, alors que tout s’est déroulé sans anicroche et que la majeure partie des infrastructures existaient déjà.

Lorsqu’on sait que les estimations les plus prudentes évaluent à 11 milliards de dollars le budget de la grande fête du football au Brésil, on peut raisonnablement affirmer que le pays n’en sortira guère plus riche.


Un gâchis financier

"Les équipements nécessaires à l’organisation d’une compétition de football sont rarement ceux dont les habitants se servent au quotidien." Ces mots d’une grande sagesse sont ceux de Simon Kuper, d’ESPN, et expliquent pourquoi les Brésiliens ont manifesté leur désapprobation par milliers ces dernières années.

Le Brésil est un pays où plusieurs millions de personnes ont désespérément besoin de logements plus salubres, d’un accès satisfaisant à l’électricité et de meilleurs soins médicaux. Les milliards de dollars que le gouvernement brésilien a consacrés à la construction de nouveaux stades de football auraient été plus utilement dépensés s’ils avaient financé des écoles, des hôpitaux ou des services de première nécessité, ne pensez-vous pas ?


Quelle est la position de la FIFA dans tout ça ?

Si la FIFA est une organisation à but non lucratif, elle n’en fait pas moins preuve d’un grand sens du commerce. Combien d’autres organisations à but non lucratif affichent une gamme de produits officiels capable de rivaliser avec la sienne, par exemple ?

La FIFA est présente sur tous les fronts, que ce soit avec des jeux pour ordinateur qui figurent au palmarès des plus populaires, des figurines en plastique ou encore des albums d’autocollants. En tant qu’organisation à but non lucratif, la FIFA est tenue de consacrer l’intégralité de ses bénéfices à ses objectifs de développement dans le domaine du football. Mais ses activités commerciales sont loin d’être négligeables. A chaque Coupe du Monde, la FIFA empoche de confortables profits en laissant le plus souvent au pays hôte le soin de régler une addition très lourde.

Ainsi, elle a réalisé un bénéfice de 631 millions de dollars sur la période 2007-2010, précisément la période où l’Afrique du Sud a hérité des difficultés déjà évoquées. Bien sûr, la FIFA contribue à certaines dépenses, mais ne devrait-elle pas participer davantage ? Jetez un coup d’œil au graphique ci-dessous, qui montre que les réserves de trésorerie de la FIFA sont en progression depuis 2003.


Les réserves d'argent de la FIFA depuis 2003

Vous pouvez cliquer sur le graphique pour l'agrandir.


La FIFA soutient qu’elle a besoin de ces réserves de liquidités : elles constituent une sorte d’assurance pour faire face à d’éventuels imprévus, comme l’annulation ou le report d’une Coupe du Monde, par exemple.

Certes, l’argument est recevable, mais le montant des réserves en question (actuellement 1,4 milliard de dollars) est proprement indécent. En outre, des polices d’assurance couvrent les frais en cas d’annulation ou de déplacement d’une Coupe du fait d’une catastrophe naturelle, d’une guerre ou d’un acte de terrorisme. En réalité, on a du mal à imaginer dans quel genre de scénario noir tout cet argent pourrait être mobilisé.

Ne serait-il pas préférable d’utiliser ces sommes pour aider l’Afrique du Sud et le Brésil à supporter le fardeau financier que représente une Coupe du Monde, ou pour servir les objectifs officiels de l’organisation en matière de développement du football ?

Les rapports annuels de la FIFA montrent que la plupart du temps, l’organisation dépense plus pour elle-même que pour son sport. Ce n’est pas normal.


Conclusion

Il est difficile d’émettre un jugement définitif quant aux finances de la FIFA. L’organisation œuvre en bien, et fait remarquer à juste titre que les énormes profits produits par la Coupe du Monde de Football contribuent au financement d’autres événements beaucoup moins lucratifs.

Ceci étant dit, on ne peut s’empêcher de penser que la FIFA pourrait davantage faire usage des sommes astronomiques qu’elle engrange. Elle devrait se montrer plus prodigue avec les pays hôtes et investir plus généreusement dans le développement du football. En attendant que cela se produise, on continuera d’examiner ses comptes de près et de se demander si elle ne fait pas plus de tort que de bien à ce sport fabuleux.